Santé du Voyageur

Mal des transports : prévenir et soulager en voyage

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Mal des transports : prévenir et soulager en voyage

Appelé aussi cinétose, le mal des transports naît d’un désaccord entre ce que ressent l’oreille interne et ce que voient vos yeux. Il touche surtout les enfants de 2 à 12 ans et se prévient souvent par des gestes simples : une place stable, le regard posé au loin, de l’air frais et un repas léger avant le départ.

Mal des transports : quand l’oreille interne contredit les yeux

Votre équilibre repose sur trois sources : l’oreille interne, la vue, et des capteurs logés dans les muscles et les articulations. D’après Vidal, l’oreille interne détecte très vite balancements, accélérations et freinages, alors que les yeux et les capteurs musculaires livrent leurs données plus lentement. Le cerveau reçoit coup sur coup des messages en partie contradictoires et ne parvient pas à les accorder. Les médecins parlent alors de cinétose.

Le Manuel MSD, dans sa version grand public révisée en mars 2025, décrit deux déclencheurs : une stimulation excessive des canaux semi-circulaires de l’oreille interne, et ce conflit entre les capteurs du mouvement. Son exemple parle à quiconque a pris un ferry par mer formée : assis en cabine, les yeux fixés sur une cloison immobile, le passager subit un roulis que son regard ne confirme pas.

Le mécanisme fonctionne aussi à l’envers. Un jeu vidéo montre un mouvement que le corps, immobile, ne ressent pas : même discordance, même malaise, sans quitter le canapé.

Les symptômes, parfois soudains, suivent souvent cette progression, décrite par Vidal et le Manuel MSD :

  • une sensation de malaise diffus et l’appétit qui disparaît ;
  • un visage pâle, des sueurs froides, une salivation qui augmente ;
  • des nausées, puis des vomissements ;
  • des vertiges, un mal de tête, de la fatigue et du mal à se concentrer.

Ces troubles s’estompent progressivement quand le mouvement s’arrête ou dès que vous quittez le véhicule, précise le Manuel MSD.

Enfants, femmes, migraineux : qui y est le plus sujet

Tout le monde peut se sentir mal par grosse houle, mais la sensibilité au mal des transports varie beaucoup d’une personne à l’autre. Le Manuel MSD signale des profils plus exposés que d’autres :

  • les enfants de 2 à 12 ans, plus touchés que les adultes ;
  • les femmes, plus souvent que les hommes, en particulier pendant la grossesse ;
  • les personnes sujettes aux migraines ou atteintes d’un trouble de l’oreille interne ;
  • les utilisatrices d’une contraception hormonale.

Vidal ajoute la période des règles et les troubles de l’équilibre. Le contexte pèse aussi : la peur, l’anxiété et une mauvaise aération rendent une crise plus probable, selon le Manuel MSD. Les crises sont plus fréquentes en bateau et quand les mouvements s’amplifient, note Vidal, dans les virages de montagne ou les turbulences.

À l’inverse, le trouble reste rare chez le nourrisson de moins de 2 ans. Vidal observe qu’il régresse à l’adolescence, et le Manuel MSD qu’une première apparition après 50 ans est rare.

Campagne verte et horizon dégagé vus depuis la fenêtre d’un train

La bonne place et le bon regard, trajet par trajet

Le principe ne change pas d’un véhicule à l’autre : réduire le mouvement ressenti et donner aux yeux une information cohérente avec celle de l’oreille interne.

En train, dans le sens de la marche

Vidal conseille de vous asseoir dans le sens de la marche, car certaines personnes se sentent mal dès qu’elles voyagent à rebours. Prenez une place côté fenêtre et laissez filer le regard vers le paysage lointain, plutôt que vers les talus du premier plan. Le livre et l’ordinateur attendront l’arrivée : lire fixe le regard sur un point immobile pendant que le train oscille.

En avion, au niveau des ailes

En cabine, le mal de l’air se joue d’abord au choix du siège. Le Manuel MSD recommande une place au niveau de l’aile, et Vidal une place au centre de l’appareil, là où les mouvements ont le moins d’amplitude. Sur un vol court, surtout à bord d’un petit avion, le Manuel MSD conseille même de ne rien manger ni boire. Pour un long-courrier, glissez quelques biscuits secs dans votre kit de voyage en avion.

En bateau, sur le pont face à l’horizon

Sur l’eau, le mal de mer reste la forme la plus fréquente du trouble. Restez dehors autant que possible, car les espaces fermés favorisent les symptômes, rappelle Vidal. Sur le pont, gardez les yeux sur la ligne d’horizon, le seul repère stable quand le navire roule. Pour une traversée de nuit, le Manuel MSD oriente vers une cabine à l’avant ou au milieu du navire, ou sur un pont supérieur, et conseille de dormir si vous le pouvez.

Une longue traversée joue en votre faveur : les passagers s’habituent en général au mouvement, aidés par les stabilisateurs des navires modernes, selon le Manuel MSD. Le pied marin acquis sur un grand ferry ne protège pas pour autant d’une sortie en petite embarcation.

En voiture et en car, à l’avant

Sur la route, les nausées en voiture se préviennent d’abord par la place occupée. Vidal recommande le siège avant, à côté du conducteur, ou la place du milieu à l’arrière, avec le regard porté loin devant, à travers le pare-brise. Dans un autocar, appliquez la même logique : un siège à l’avant, côté fenêtre, d’où la route reste visible.

Gardez la tête calée contre l’appui-tête, sans mouvements brusques, et entrouvrez une vitre : l’air frais fait partie des mesures listées par le Manuel MSD.

Passager assis à l’avant d’une voiture, regard fixé sur la route

Repas léger, air frais, pauses : préparer le trajet

Partir le ventre vide n’aide pas, partir après un repas copieux non plus, et Vidal conseille de préférer le solide au liquide. Le Manuel MSD affine le profil : de petites portions, pauvres en graisses, peu épicées, riches en féculents, sans aliments à l’odeur ou au goût marqués.

Pendant le trajet, gardez ces réflexes en tête pour prévenir la cinétose :

  • pas d’alcool, de tabac ni de café avant et pendant le voyage, selon Vidal ;
  • des biscuits salés ou secs à grignoter quand le malaise pointe, une option que cite le Manuel MSD ;
  • une vitre entrouverte ou la ventilation orientée vers le visage ;
  • des arrêts réguliers en voiture, pour marcher quelques minutes à l’air libre ;
  • un somme si vous êtes passager, puisque le Manuel MSD range le sommeil parmi les parades.

Si le malaise s’installe malgré tout, arrêtez-vous dès que possible et sortez respirer. Vidal conseille de vous allonger, jambes surélevées, quand la situation le permet, et cite la relaxation parmi les aides possibles.

Gourde transparente et biscuits secs sur la tablette d’un train

Mal des transports chez l’enfant : les réflexes des parents

Les enfants de 2 à 12 ans sont plus sujets à la cinétose que les adultes, d’après le Manuel MSD comme d’après Vidal. Un bébé qui vomit en voiture ou en avion relève d’abord de l’avis de son médecin, et notre article sur le vol en avion avec un bébé détaille ce qui se prépare avec le pédiatre.

Pour les plus grands, quelques habitudes font la différence :

  • une installation au milieu de la banquette arrière, d’où l’enfant voit la route devant lui ;
  • des jeux d’observation, des histoires audio et des chansons à la place de la tablette ou du livre ;
  • des arrêts plus fréquents qu’avec des passagers adultes ;
  • un sac, des lingettes et une tenue de rechange à portée de main ;
  • un ton rassurant, puisque l’anxiété augmente le risque de crise selon le Manuel MSD.

Les occupations sans écran de notre sélection d’accessoires pour le voyage en voiture gardent le regard de l’enfant tourné vers l’extérieur.

Côté médicaments, la prudence redouble : le Manuel MSD signale un risque d’agitation chez le nourrisson et le jeune enfant, et réserve ces traitements à la prescription médicale. Rien ne se donne à un enfant sans l’avis de son médecin ou du pharmacien.

En pharmacie : deux familles de médicaments, de vraies contraintes

Deux familles de médicaments contre le mal des transports reviennent dans les références consultées. Les antihistaminiques H1, d’abord : certains se délivrent sans ordonnance, mais Vidal en déconseille l’usage sans avis médical chez la personne âgée et chez la femme enceinte ou qui allaite. La scopolamine, ensuite, existe notamment en patch à coller derrière l’oreille avant le départ. Le Manuel MSD insiste sur le moment : ces produits agissent mieux en prévention qu’une fois les nausées installées.

Leur revers est connu. Tous peuvent provoquer une somnolence, selon le Manuel MSD, qui demande aux personnes dont l’activité exige de l’attention, à commencer par la conduite, de s’en abstenir. Jamais d’association avec l’alcool, un somnifère ou un sédatif. Vidal mentionne aussi une sécheresse de la bouche et deux contre-indications : un risque de glaucome à angle fermé et un risque de blocage des urines lié à un adénome de la prostate.

Si vous devez prendre le volant, regardez la boîte. Depuis 2005, rappelle Vidal, les médicaments susceptibles d’altérer la conduite portent un pictogramme en triangle décliné en trois niveaux, du jaune au rouge selon le danger.

Le bon choix dépend de votre âge, de vos traitements en cours et du trajet prévu : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin avant le départ. Le produit retenu rejoindra ensuite votre trousse à pharmacie de voyage, avec sa notice.

Bracelets, gingembre, homéopathie : des preuves fragiles

Les solutions sans médicament abondent en rayon, mais leur intérêt reste discuté. Le Manuel MSD range les bracelets d’acupression ou à stimulation électrique et le gingembre parmi les traitements alternatifs dont l’efficacité, pour la plupart, n’a pas été prouvée, même si certaines personnes les trouvent utiles. Le détail :

  • les bracelets : leur efficacité n’a jamais été prouvée, écrit Vidal ;
  • le gingembre : Vidal cite plusieurs études qui lui trouvent un intérêt contre les nausées, quand le Manuel MSD reste plus réservé ;
  • la menthe poivrée : quelques études seulement, d’après Vidal ;
  • l’homéopathie : Vidal se borne à noter que ces produits revendiquent une action préventive et curative ;
  • les huiles essentielles : absentes des deux références, elles réclament l’avis du pharmacien, a fortiori chez l’enfant.

Le Manuel MSD juge en revanche l’adaptation particulièrement utile : plus l’exposition au mouvement se répète, moins la réaction est forte.

Quand le mal des transports justifie une consultation

La plupart des épisodes cessent avec le mouvement. Vidal recommande pourtant de consulter un médecin dans les jours qui viennent dans trois situations :

  • des nausées et des vomissements qui persistent plusieurs heures après la fin du voyage ;
  • un malaise systématique qui empêche un déplacement nécessaire ;
  • une cinétose déjà diagnostiquée qui se manifeste à chaque trajet.

Le risque à surveiller reste la déshydratation. Des vomissements prolongés peuvent faire baisser la tension artérielle et déshydrater, prévient le Manuel MSD, et Vidal signale ce danger chez le jeune enfant qui vomit beaucoup. Les signes de déshydratation à guetter sont ceux décrits pour la diarrhée du voyageur. Face à des vomissements persistants, le médecin cherche une autre cause et peut prescrire un traitement contre l’envie de vomir.

Prochaine étape : pour votre prochain départ, pensez à la place avant de penser au comprimé. Un siège à l’avant, côté fenêtre ou au niveau des ailes, reste la prévention qui ne coûte rien et ne fait pas somnoler.