Bagage perdu en avion : démarches et indemnisation

Un bagage perdu en avion se déclare au comptoir des bagages de l’aéroport d’arrivée, avant de quitter la zone de livraison. Gardez la référence du dossier et chaque facture, puis écrivez à la compagnie dans les délais : 21 jours pour un bagage retardé, 7 jours pour un bagage abîmé, selon service-public.fr.
Bagage perdu en avion : ce qui se joue avant de quitter le tapis
Le tapis s’arrête et votre valise manque à l’appel. Avant de conclure à une perte, regardez la zone des bagages hors format, où arrivent poussettes, housses de skis et valises trop encombrantes. Faites aussi le tour du carrousel : un autre passager a pu la prendre par erreur, puis la reposer à l’écart.
Si elle reste introuvable, ne franchissez pas la sortie. Le comptoir des bagages, souvent tenu par la société d’assistance de la compagnie, se trouve dans la zone de livraison elle-même. Une fois la porte passée, revenir en arrière devient compliqué, parfois impossible.
Le constat d’irrégularité et la référence du dossier
L’agent enregistre votre déclaration et vous remet un constat d’irrégularité, que les voyageurs habitués appellent PIR, pour Property Irregularity Report. Sa référence de dossier, faite de lettres et de chiffres, ouvre le suivi puis la réclamation. Photographiez-le aussitôt.
Pour la déclaration, préparez :
- la carte d’embarquement et le talon de l’étiquette bagage remis à l’enregistrement, souvent collé au dos de la carte ;
- l’adresse de livraison, hôtel ou domicile, avec vos dates de présence ;
- un numéro de téléphone joignable à l’étranger et une adresse e-mail ;
- la liste des vols du trajet, correspondances comprises.
Comptoir fermé à votre arrivée ? Service-public.fr indique que le signalement peut aussi se faire en ligne auprès de la compagnie. Faites-le le jour même.
Décrire la valise pour qu’elle soit reconnue
Une « valise noire à roulettes » ressemble à des milliers d’autres. Un portrait précis accélère le rapprochement quand le bagage ressurgit dans une escale :
- le type de bagage, sa couleur, sa matière et sa taille ;
- les signes distinctifs : sangle colorée, autocollant, rayure, poignée réparée ;
- deux ou trois objets rangés sur le dessus.
Une photo prise avant le départ vaut toutes les descriptions. Une étiquette nominative accrochée à la poignée aide aussi : notre guide pour identifier sa valise avec une étiquette bagage détaille quoi y inscrire.
Bagage retardé : suivre le dossier jusqu’à la livraison
Le plus souvent, une valise absente du tapis n’est pas perdue mais retardée : restée à l’escale de correspondance, chargée sur le vol suivant ou mal triée. La compagnie lance une recherche et, selon service-public.fr, vous tient informé. Le bagage retardé une fois retrouvé vous est livré à l’adresse de la déclaration.
Pendant l’attente :
- consultez le suivi en ligne avec la référence du dossier ;
- mettez à jour l’adresse de livraison si vous changez d’hébergement ;
- notez chaque échange avec la compagnie : date, interlocuteur, réponse ;
- conservez toutes les factures d’achats faits en attendant.
Un traceur glissé dans la valise ? Communiquez sa dernière position au comptoir puis à chaque relance : il oriente la recherche vers la bonne escale.
Au bout de combien de temps une valise est-elle perdue ?
D’après service-public.fr, un bagage non délivré à l’issue de 21 jours est considéré comme perdu pour les vols soumis à la convention de Montréal et pour les compagnies européennes, et à l’issue de 14 jours sous la convention de Varsovie, plus ancienne. Le dossier change alors de nature : vous réclamez l’indemnisation d’une valise perdue et de son contenu.
N’attendez pas ce cap pour préparer l’inventaire. Listez de mémoire ce que contenait la valise et rassemblez ce qui prouve la valeur des objets : factures, relevés bancaires, photos.

Les achats de dépannage pendant l’attente
Arriver sans valise, c’est passer la première nuit sans brosse à dents ni vêtements de rechange. La règle joue en votre faveur : service-public.fr précise que les achats de première nécessité rendus nécessaires par le retard, produits d’hygiène ou sous-vêtements par exemple, sont remboursables par la compagnie sur présentation des factures.
Raisonnez en dépannage, pas en garde-robe neuve. Une trousse de toilette, deux tenues et un chargeur se défendent sans difficulté ; un manteau se justifie pour une arrivée en plein hiver, un troisième jean beaucoup moins. Les achats restent proportionnés à la durée du retard et au climat du séjour.
Demandez au comptoir ce que la compagnie prend en charge, car les pratiques varient d’un transporteur à l’autre. Gardez chaque ticket, photographiez-le et notez au dos l’objet acheté si l’intitulé reste vague.

Réclamation à la compagnie : délais et pièces à fournir
La déclaration faite à l’aéroport ne vaut pas demande d’indemnisation. Service-public.fr est clair : vous devez déposer une réclamation écrite auprès de la compagnie, de préférence par courrier recommandé avec avis de réception. Les délais courent à partir de la remise du bagage, pas de votre retour.
Les délais à respecter
- Bagage retardé puis retrouvé : 21 jours à compter de sa mise à disposition (convention de Montréal et compagnies européennes), 14 jours sous la convention de Varsovie.
- Bagage endommagé : 7 jours à compter de sa réception, 3 jours sous Varsovie.
- Bagage jamais retrouvé : la réclamation porte sur la perte, une fois le délai de 21 ou 14 jours écoulé.
- Action en justice : 2 ans à compter de la perte du bagage.
Encore en voyage quand l’échéance approche ? Le formulaire en ligne de la compagnie laisse une trace datée ; gardez-en une capture.
Les pièces à joindre
- la copie du constat d’irrégularité ;
- la carte d’embarquement et le talon de l’étiquette bagage ;
- les factures des achats de dépannage ;
- pour une perte, la liste du contenu et les justificatifs de valeur ;
- pour un dommage, les photos et, si possible, un devis de réparation.
Service-public.fr propose un modèle de lettre pour un bagage abîmé. Conservez une copie de l’envoi et la preuve de dépôt du recommandé : en cas de litige, elle date votre démarche.
Quelle indemnisation pour une valise jamais retrouvée ?
La responsabilité de la compagnie est plafonnée par la convention de Montréal, qui exprime ce plafond par passager en droits de tirage spéciaux, l’unité de compte du Fonds monétaire international. Ce plafond est révisé périodiquement et sa contrepartie en euros suit le cours des monnaies : vérifiez le montant en vigueur sur service-public.fr avant d’envoyer votre réclamation.
Ce plafond est un maximum, pas un forfait. La compagnie indemnise le préjudice que vous prouvez, factures ou justificatifs à l’appui. Une valise ancienne pleine de vêtements déjà portés pèsera moins lourd que sa valeur à neuf.
Sous la convention de Varsovie, plus ancienne, le plafond se calcule au poids du bagage enregistré, d’après la même source. Pour un objet de valeur en soute, la déclaration spéciale d’intérêt, faite à l’enregistrement contre paiement, reste le moyen de relever ce plafond : service-public.fr précise que la compagnie indemnise alors à hauteur du montant déclaré. Le plus simple reste de garder cet objet en cabine.
Quelle convention s’applique à votre vol
La convention de Montréal couvre la grande majorité des vols internationaux ; celle de Varsovie s’applique encore quand l’un des pays du trajet n’a pas ratifié la première. Service-public.fr conseille de vérifier sur le billet laquelle vaut pour votre voyage, et retient pour une compagnie européenne les mêmes règles que Montréal.
Valise abîmée : constater avant de quitter le hall
Coque fendue, roulette arrachée, poignée bloquée : inspectez la valise dès qu’elle sort du tapis. Photographiez les dégâts sous plusieurs angles, puis signalez-les au comptoir des bagages, qui établit un constat. Service-public.fr précise que le signalement se fait auprès de la compagnie du dernier vol.
Le bagage endommagé suit ensuite la même logique écrite, avec un délai plus court : 7 jours à compter de la réception. Joignez les photos, les factures des objets abîmés et un devis de réparation si vous l’obtenez vite.

Ne jetez pas la valise avant la clôture du dossier, la compagnie peut demander à l’examiner. Vérifiez aussi le contenu : un objet fragile cassé à l’intérieur entre dans la même réclamation. Dommage découvert seulement à l’hôtel ? Photographiez-le aussitôt, le délai de 7 jours court déjà.
Assurance, carte bancaire et recours en cas de refus
Ce que l’assurance et la carte bancaire ajoutent
La compagnie reste votre premier interlocuteur, pas forcément le seul. Service-public.fr cite l’assurance liée à la carte bancaire comme source possible de remboursement complémentaire, et de nombreux contrats d’assurance voyage comportent un volet bagages. Avant de déclarer, relisez :
- le délai de déclaration de l’assureur, souvent distinct de celui de la compagnie ;
- les plafonds par bagage et par objet, et la franchise éventuelle ;
- les exclusions, fréquentes pour les bijoux, l’électronique ou l’argent liquide ;
- les pièces exigées, dont souvent la réponse écrite de la compagnie.
Pour comparer les contrats avant le prochain départ, notre article sur le choix d’une couverture d’assurance voyage passe en revue les postes à vérifier.
Si la compagnie refuse ou ne répond pas
Sans réponse au bout de deux mois, ou face à un refus, service-public.fr indique que vous pouvez saisir le Médiateur Tourisme et Voyage, si la compagnie a adhéré à sa charte. La médiation est gratuite pour le voyageur, d’après le site du médiateur, et se demande en ligne. Dernier recours, le tribunal judiciaire : vous disposez de 2 ans à compter de la perte du bagage.
Ce qui ne part jamais en soute
Un retard de valise reste un désagrément mineur quand l’essentiel voyage avec vous. Gardez en cabine :
- les médicaments du séjour et leurs ordonnances ;
- papiers d’identité, moyens de paiement et clés du domicile ;
- bijoux, appareil photo, ordinateur ;
- les batteries externes et de rechange, que l’IATA réserve au bagage à main ;
- une tenue de rechange et de quoi faire sa toilette pour une nuit.
Avant l’enregistrement, photographiez la valise fermée, puis son contenu étalé : ces images servent de description et de début de preuve. À deux, répartissez une tenue de chacun dans chaque valise. Et sur les séjours qui s’y prêtent, notre méthode pour voyager avec un bagage cabine uniquement supprime le risque à la source.
Prochaine étape : avant votre prochain vol, enregistrez une photo de la valise et de son contenu, et rangez le talon de l’étiquette bagage avec la carte d’embarquement. Face à un tapis vide, vous déclarerez en quelques minutes.